L'OPHLM
d'Ivry sur Seine
le retour à l’ère de la propagande
Il
n’est pas si loin, le temps où la psychose Pitbull
faisait rage dans les grandes villes et les petits villages de
France. Le temps où les journalistes voulaient soi disant
« informer » leurs concitoyens à grands coups
d’images chocs et de phrases effrayantes : des enquêtes
bidons chez des éleveurs repris de justice, des anecdotes
erronées, amplifiées, des faits divers qui sonnaient
plus comme de véritables légendes urbaines que comme
des faits avérés…
On nous présentait le Pitbull sous son jour le plus abominable
et démoniaque. Le grand méchant loup était
de retour sur le Territoire et dans nos murs, même…
Les
Pits bannis des halls d’immeuble… retour dans les
caves !
Avec
les interdictions de séjour dans les lieux publics, les
transports en commun, même muselés et harnachés,
nos pauvres pitbulls, castrés afin d’assurer une
disparition rapide et radicale, n’avaient alors également
plus le droit de « squatter » les cages d’escaliers
d’immeubles. Cette mesure visait très explicitement
et directement les jeunes de cités, qui furent à
l’origine de cette loi promulguée dans l’urgence,
de par leur comportement parfois irresponsable. Ainsi, ces jeunes
furent rapidement privés de leur chien. Certains, dont
le coeur ne débordait pas forcément d’amour
pour ce qu’ils considéraient alors couramment plus
comme un objet de mode que comme un véritable compagnon,
ne se sentirent pas foncièrement blessés ou choqués
par cette mesure. A cette période, les caves de certaines
cités se mirent donc à pulluler un peu plus de chiens
de première catégorie. Certains, pour le combat
et l’élevage, d’autres, pour crever de faim
dans l’indifférence générale et ne
plus être ni un poids, ni la menace d’une quelconque
amende pour leur maître.
D’autres maîtres, plus sensibles et respectueux de
la vie animale, avaient appris à partager leurs vies avec
leurs amis à quatre pattes. Ils furent bien évidemment
les plus touchés par cette décision. Ces propriétaires
aimants refusèrent donc de se séparer de ce qu’ils
considéraient comme des membres intègres de leur
famille, au même titre que Mirza, le caniche de Mémé
ou Bubulle, le poisson du petit frère.
La
loi ne prévoyait alors que de mettre un frein à
la présence de ces chiens dans ces lieux passagers qui
pouvaient, selon nos ministres et députés, rapidement
devenir dangereux pour les citoyens des Habitations à Loyer
Modéré. Cette mesure était effectivement
peut être nécessaire pour enrayer la négligence
de certains propriétaires, mais fallait il que certains
offices HLM se permettent de faire du zèle en rajoutant
leur propre « couche » ?
C’est pourtant ce qui s’est produit à plusieurs
reprises ! Mademoiselle X est une des nombreuses victimes du manque
de compassion de l’office gérant la location de son
appartement, en région parisienne. Bien que la loi ne permette,
ni au gérant, ni au propriétaire de l’immeuble,
de faire de la discrimination en refusant un chien de deuxième
catégorie, si sa dangerosité n’a pas été
prouvée, Mademoiselle X fit pourtant les frais de cette
malveillance et dut faire intervenir le tribunal pour faire valoir
ses droits, en possession du bail qu’elle avait signé
et qui stipulait accepter la présence d’animaux domestiques.
Mademoiselle X était d’autant plus forte qu’elle
pouvait prouver, photos à l’appui et grâce
aux témoignages de voisins bien intentionnés, que
son chien ne provoquait aucune nuisance sonore, ni dégradations
des biens communs. Son histoire s’arrêta là,
sans plus de dommages.
Un
arrêté fantaisiste pouvant porter préjudice
Aujourd’hui,
nous sommes atterrés de constater que l’OPHLM d’Ivry
sur Seine (Val de Marne) fait encore plus fort ! Cinq longues
années après la promulgation de la loi, l'OPHLM
relance la psychose en placardant ses halls d'immeubles avec des
affiches. Sur celles-ci, nous pouvons lire un extrait d’arrêté
municipal fantaisiste concernant les chiens dangereux et menaçant
quiconque se substituerait à ses écrits, de délation
aux forces de Police. Renseignements pris auprès du service
d’hygiène de la Mairie d’Ivry, il s’avère
rapidement que le fameux arrêté municipal, sur lequel
l’OPHLM s’est appuyé pour lancer sa scandaleuse
campagne, date de 1997 et a été abrogé très
peu de temps après.
Ainsi, l’affiche « informative » stipule honteusement
que le Bull terrier est concerné par la loi et entre dans
la grande famille des « deuxième catégorie
», et que le Staffordshire Bull (qui, nous le rappelons,
n’existe plus sous ce nom depuis près d’un
siècle) est également toujours présent sur
la liste des chiens de seconde catégorie. Nous nous adressons
à l’auteur de l’affiche, une secrétaire
de l’organisme qui affirme représenter l’opinion
générale de celui-ci. Lorsque nous évoquons
le sujet du Bull qui n’y a pas sa place, celle-ci nous répond
fièrement que le Bull terrier est également un Pit
Bull et qu’il doit, au même titre que son cousin,
être stérilisé et muselé sous peine
d’expulsion ! Une méthode qui n’est pas sans
nous rappeler une certaine période noire de l’Histoire,
pendant laquelle on placardait allègrement des affiches
de propagande, avec un descriptif détaillé de la
race à exterminer !!
Les illustrations ? Des photos de particuliers volées
sur leur site !
Nous
ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises ! Le pire est
encore à venir ! Les photos de chiens qui ont été
choisies pour illustrer la fameuse affiche sont loin d’être
inconnues au bataillon ! Frédéric Lamy est l’heureux
propriétaire de Tribal, un Pitbull Red Nose de pure race,
qui fête ce mois ci sa dixième année d’existence
aux cotés de son maître. Ce chien très doux
et aimant est le spécimen type qui ferait changer d’opinion
n’importe quel politicien ou journaliste en manque de sensations.
Tribal est pourtant le monstre qui trône au milieu de cette
affiche glauque. Il représente, selon l’auteur, le
chien agressif et mordeur, comme le stipule la légende.
Allongé sur son canapé, ses jolies oreilles en roses,
toujours en alerte, un large sourire, propre à sa race,
subtilement dessiné sur ses babines… Tribal incarne
plutôt toute l’affection qu’un chien peut donner
à son maître.
La photo a été volontairement volée sur un
site personnel, comme le reconnaît la fameuse secrétaire,
qui pense naïvement qu’Internet est une source inépuisable
d’images libres de droit. Pas n’importe quel site,
celui de monsieur-pitbull.com, l’un des plus fréquentés
de l’Hexagone ! L’auteur de cette photo est également
loin d’être une inconnue, puisqu’il s’agit
de … votre rédactrice préférée,
dont le sang ne fit qu’un tour à cette nouvelle !
Les auteurs de cette mascarade ne pouvaient, évidemment,
plus mal tomber ! Il ne fallut que quelques coups de fils et quelques
citations d’extraits de textes de loi bien trouvés,
pour que les affiches soient heureusement retirées 72 heures
plus tard. L’OPHLM a également reçu une pression
constante de la part de la Mairie de la commune, alertée
de ces faits. Nous espérons que ce type de situation ne
se reproduira plus à l’avenir; que ce soit en région
parisienne, ou dans n’importe quel coin de l’hexagone.
Sandrine
Anzagoth
Remerciements particuliers à T. Rofidal
et C. Chevreau
Tribal, gentil pitbull de 10 ans,
se retrouve en entête d'affiches de propagande anti "chiens
dangereux" !
Dans le
cadre de la liberté d'expression, les oeuvres de l'esprit peuvent
circuler librement sur Internet, sous réserve de respecter
les lois sur la propriété littéraire et artistique,
ainsi que les lois sur la responsabilité
civile, pénale ou professionnelle liée à la diffusion
d'informations.
(…)
Un droit patrimonial qui implique qu'aucune reproduction
et aucune
représentation de l'oeuvre ne peuvent être faites sans
l'accord préalable de l'auteur ou de ses ayant droit,
et que l'auteur a droit à une rémunération
proportionnelle aux recettes tirées de l'exploitation de
son oeuvre.
(…)
En vertu de la loi sur la propriété intellectuelle,
diffuser les oeuvres
de tiers constitue un acte d'exploitation qui n'est possible qu'avec
l'autorisation de l'auteur. Une diffusion sans autorisation de l'auteur
empêche, en effet, ce dernier de vivre de son travail et méconnaît
les
investissements des éditeurs et / ou des producteurs. Lors
de la diffusion d'une de ses oeuvres, sans autorisation préalable
de sa part, l'auteur est susceptible de demander des dommages
et intérêts au titre du préjudice moral
et patrimonial subi.
Ce
message a été diffusé sur la liste "edufrancais@univ-rennes1.fr"
le 25 janvier 1996 par Christophe GUY, Attaché Linguistique
de l'Ambassade de France au Canada, d'après les informations
du Service juridique du CNRS (France).
Vous
avez des droits ! Que dit la loi ?
Les
chiens de la première catégorie peuvent être
interdits soit par le bail, soit par le règlement de copropriété.
Vérifiez donc cette clause auprès de votre bailleur
avant de vous engager. Ceux de la seconde catégorie peuvent
également être interdits si, et seulement si, leur
comportement est dangereux. Ceci concerne tant les locataires que
les propriétaires.
Concernant les locataires, rappelons que l'article 10 de la loi
n° 70-598 du 9 juillet 1970, autorise les locataires à
posséder un ou plusieurs animaux domestiques et donc, des
chiens. Toutefois le propriétaire de l'animal est obligé
de veiller à ce qu'il ne cause ni dégradations ni
troubles de jouissance aux voisins. Le bail pourrait alors être
rompu.
La nouvelle loi permet au bailleur de saisir à la fois:
- le maire en cas de dangerosité du chien et même de
prévoir une clause du bail interdisant la détention
par le locataire de chiens d'attaque tels que définis dans
ce dossier, et d'eux seuls;
- le juge d'instance d'une demande en résiliation du bail.
Autrement dit, la possession de chiens dangereux par le locataire
peut être un motif de résiliation du bail.
Source : http://www.laterre.fr/juridique/0012.shtml
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