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Santé


Le calvaire des Pitbulls

Selon la Loi relative aux animaux dangereux, Les mineurs, les majeurs sous tutelle , les personnes ayant un passé judiciaire, ou toute personne ne se mettant pas en règle avec la Loi (stérilisation, attestation d'assurance, déclaration en Mairie avec présentation d'une multitude de papiers, etc) ne doivent pas posséder un animal de première catégorie (chiens " d'attaque " : Pitbulls et assimilés, Boerbull et assimilés, chiens d'apparence Tosa) sous peine d'amende (100 000F) et de peine de prison (6 mois).

Or, le don d'un animal de première catégorie est interdit, que ce soit à titre onéreux ou gracieux.
L'adoption de ces animaux est donc également interdite.

Pensez-vous que tous auraient le courage de se battre pour un animal qui n'aura servi que de faire valoir, le temps d'une mode imbécile ?

Etes vous allé récemment dans un refuge pour animaux abandonnés ?
Connaissez vous le nombre de chiens assimilés Pitbulls qui pourrissent dans leur cage, faute de courage de ces mêmes maîtres ?

Août 2000, en vacances, je suis passée amener quelques victuailles au refuge des " Amis des Bêtes ", affilié SPA, à Médis (Charente Maritime).
Mon paternel, connaissant mon goût pour cette race de chiens, m'avertit : " Regarde dans la cage à l'entrée, 'y a un Pitbull ! ". Je me précipite évidemment sur la fameuse cage : Adorable Créature ! Une petite chienne Am'Staff fauve et blanc me fixe tristement du fond de celle ci.


Diam's, Eté 2001, avait déja repris du poil de la bête.

Elle se lève difficilement, elle est maigre à pleurer. Ma mère se jette alors sur moi : " Vas y ! Prend la ! " Elle qui tentait toujours de me décourager au vu de mes horaires de travail… Malheureusement, cette chienne avait évidemment été abandonnée sans papiers, et bien que très typée Staff, en l'absence de ceux ci, elle devenait du coup Pitbull.

La loi est passée il y a peu, le contrat de garde n'existe pas encore.
Adoption interdite
! Elle s'appelle Diam's, elle a 3 ans et il lui reste une dizaine d'années à survivre dans les 5 m2 de sa minuscule cage.

L'année suivante, j'ai donc passé mes (courtes) vacances à donner un coup de main bénévolement à ce même refuge.Aux cotés de Diam's, Roxanne (Pitbull X Bull terrier X ?) et des autres…

 

2004, on m'apprend que le refuge a pris connaissance de l'existence du fameux contrat. Une jeune fille a réédité sa demande d'accueil de Diam's et s'est également vu refuser sa garde, même sous contrat.

Un jour, peut être, la peur du gendarme n'empêchera plus certains refuges de refuser systématiquement de se pencher sérieusement sur la possibilité d'établir un contrat de garde, en toute légalité, et ainsi permettre à leurs chiens de retrouver la liberté...

Les Amis des Bêtes
13 rue du chenil
La puisade, Médis
(Charente Maritime)


Roxanne, 5 ans


 


Les Refuges de Banlieue Parisienne

Comme à chaque visite de refuge, mon coeur se serre lorsque j'entend les aboiements desespérés de ces dizaines de chiens enfermés. ça et l'abominable odeur d'excréments et de peur.
A chaque pas qui nous rapprochent de ces cages, l'odeur devient plus forte, à la limite du supportable. Les chiens hurlent pour protéger les quelques mètres carrés qui leur ont été légués par leurs prédécesseurs en guise de territoire.

Dans leurs cages minuscules, derrière d'austères barreaux, Quatre
Pit Bulls séparés par des cloisons viennent nous faire la fête.
Ils n'aboient pas, ne grognent pas, ne se plaignent pas. Ils écrasent leur museau contre les barreaux grillagés pour nous sentir, avant de réclamer des caresses en forcant au maximum ce grillage qui les séparent d'une main aimante.

Je tente de trouver leurs noms sur les panneaux de leur cage, mais rien. Quatre anonymes, sans passé, sans futur, victimes des médias, des politiques, mais surtout des gens.

La personne qui m'accompagne n'hésite pas une seconde, il offre ses doigts à un Pit énorme d'une quarantaine de kilos qui affiche une machoire démesurée.
L'énorme bête à la tête si inquiétante s'approche et lèche furtivement ses doigts de sa langue mutilée, le regard triste.
Je tente de controler la sensation qui me gagne, ce serrement de gorge et les larmes qui montent par la pitié que cette pauvre bête à la langue necrosée m'inspire.

Son poil est terne, ravagé par des trous pareils à ceux que la galle sait si bien produire.
Ce n'est malheureusement pas la maladie qui provoque de tels ravages, celles dont souffrent ces quatre chiens enfermés sont beaucoup plus graves, car aucun médicament au monde ne saurait les guérir. Elles s'appellent Anxiété, Peur, Tristesse, Souffrance.

Quelques jours plus tard j' apprenais que la blessure à la langue du gros Pit était due à un mauvais positionnement de la muselière par le vétérinaire qui devait l'examiner.
Le chien qui se mordait la langue, sous la pression de la douleur, s'était vivement débattu et le véto avait pris peur.
Quinze jours après notre passage, le gros pitou à la langue sectionnée fut euthanasié.

L'employée bénévole nous explique sa profonde tristesse et son sentiment d'impuissance quant à ces chiens dont on ne connait pas le passé pour la plupart. Elle ajoute bien qu'ils sont extrèmement gentils, et bien plus sociables que beaucoup de leurs pensionnaires. Qu'ils mériteraient de trouver une famille...

La responsable du refuge, Mme C., est également de cet avis, mais elle reste en même temps très méfiante: Situé en banlieue parisienne, à deux pas d'une Cité, le refuge a été à plusieurs reprises forcé la nuit, et les Pits ont été victimes de tentatives de vols.
Mme C. souhaite de tout son coeur pouvoir assurer un avenir à ses chiens tellement affectueux qui continuent à provoquer la polémique. Elle reste pourtant très pessimiste.

Nous parlons, tentons de trouver des solutions... les larmes viennent à ses yeux lorsqu'elle nous apprend que ces quatre chiens sont en sursis, qu'ils auraient dû être euthanasiés la semaine précédente et qu'ils le seront peut être la semaine suivante.
Mon sang ne fait qu'un tour, je me suis déja éprise de la petite femelle noire si adorable.

Mon camarade le sent certainement, parle pour moi, il trouve le ton , les mots, la forme... Mais la réponse de la gérante reste pessimiste et après une courte promenade de la petite femelle, nous devons quitter le refuge, en silence, le coeur un peu plus gros mais plein d'espoir, malgré tout.

Photos de Cyrille, membre de whouaf signes


Stan & Tika

Texte et Photos: Sandrine Anzagoth
publié dans Top Dogs magazine
(reproduction interdite)

La gérante du refuge mentionné sur cette page ne souhaite pas que le nom ou la localisation
de son établissement soit explicitement divulgué.

Implanté en banlieue parisienne, déja victime de vols ou de
tentatives de vol sur les chiens de 1ère catégorie,
elle préfère rester anonyme et s'en remettre à nous comme interlocuteurs.

Il n’a pas été difficile de trouver le refuge dans lequel travaille Véronique, un petit bout de bonne femme dynamique qui m’avait contactée via le site de Monsieur-Pitbull.com.
On aperçoit de très loin les immenses tours typiques des banlieues parisiennes qui jouxtent le petit bâtiment et dont certains habitants causèrent tant de soucis à deux des pensionnaires.

Ils s’appellent Stan et Tika et aucun autre couple ne porterait de surnom plus adapté que celui qui leur a été donné par le personnel du refuge dont Irène, gérante, et Georgette qui malgré ses 74 ans s’active pour ses chiens et tente le maximum pour sauver ces deux inséparables :
« Adam et Eve ».

Les deux Pitbulls sont enfermés dans une pièce close. Nous devons nous hisser sur la pointe des pieds pour les apercevoir à travers la grille de la lourde porte cadenassée. N’importe quel journaliste à l’époque de la Grande Psychose Pitbulls (et encore maintenant) se serait empressé de ramener les images de ces deux fauves emprisonnés de manière spectaculaire afin de faire jouir le public avide de sensations.


Stan et Véronique, bénévole au refuge

Tika, 7 ans, rescapée de l' Enfer


Mais le danger ne vient pas de l’intérieur, les chaînes et la succession d’obstacles menant à leur geôle n’ont pas pour rôle de protéger les hommes des chiens, mais les chiens des hommes… Le monstre n’est encore une fois pas celui que l’on croit.

Stan a 3 ans. Il a été secouru alors qu’il était attaché à un arbre, l’ air apeuré et la peau portant les stigmates de jeux cruels imposés par son ancien « maître ».
Tika a 7 ans. Elle a été trouvée enfermée dans une voiture qui lui servait d’unique lieu de vie et surtout de travail, puisque cette chienne ne servait qu’à faire portée sur portée. Privée de toute vie sociale et affective, Tika est néanmoins un exemple de sociabilité et de tendresse. Très joueuse, elle sait se montrer vive comme l’éclair, comme si toutes ses mises-bas et son passé douloureux ne pouvaient gâcher ces instants de joie, lorsque le cadenas tombe, que la porte s’ouvre et que des visages amis l’appellent par son nom pour la promenade quotidienne.

Une promenade de quelques minutes pendant lesquelles Stan et Tika, les inséparables, profitent autant qu’ils le peuvent des courts moments que les bénévoles du refuge, les meilleurs maîtres qu’ils aient jusqu’ici pu avoir, leur offrent avec joie et peine à la fois. Un passé et une douleur qui resurgiront trop vite, toujours par la faute des hommes. Le 25 Mars 2001, le lendemain de l’opération de stérilisation de Stan, les deux chiens sont volés au refuge.
ils sont transportés jusqu’à la frontière espagnole où une patrouille de policiers, trouvant leur condition suspecte, décide de contrôler les jeunes ravisseurs.
Les deux chiens étaient destinés à faire des combats en Espagne, ils sont heureusement ramenés saufs au refuge.

Dans cette épreuve, Stan a eu les fils de l’opération arrachés , laissant place à une plaie béante.


Stan, 3 ans, un calme Olympien

Nous pouvons imaginer ce qu’ont encore dû subir ces animaux-objets, victimes d’un marché barbare, parce que leur race a été désignée comme la plus apte à enthousiasmer une certaine catégorie d’humains. Quels moments de peur, de stress, quelles conditions et quels traitements abominables ont dû encore une fois revivre ces deux chiens sur lesquels le destin semble s’acharner ?
Malgré toutes ces épreuves, ces maltraitances, Stan et Tika n’ont pas perdu une once de la confiance qu’ils pouvaient avoir en l’être humain, et font fête aux inconnus comme ils devaient la faire à leurs anciens maîtres, sans aucune rancœur.

L'Homme a décidément encore bien des leçons à recevoir de ceux qu'il considère trop souvent comme inférieurs, de ceux qu'il pense pouvoir maltraiter parce qu'ils ne se plaignent jamais.

Stan et Tika sont des Pitbulls, la Loi du 6 Janvier 99 leur interdit donc d'être adoptés mais ils peuvent néanmoins être placés.

Ils ont besoin d'une famille d'accueil stable, qui saura accepter le couple sans les séparer, et qui saura leur faire oublier définitivement tout ce qu'ils ont pu subir.

Le refuge est favorable à la signature d’un contrat de garde que nous avons spécialement rédigé* pour les chiens catégorisés en refuges, et qui est passé à la relecture par des avocats.


Les garanties demandées sont assez contraignantes pour décourager un maître potentiel qui n’aurait pas la volonté suffisante pour obtenir le droit à la garde d’un tel chien. En contrepartie, un maître responsable et motivé trouvera ces conditions justes et rassurantes pour l’avenir du chien qu’il décidera de prendre sous son aile et qui a certainement déjà eu à essuyer un passé malheureux.

 

 

*Fabrice Materne, Cyrille Chevreau (AICE) et moi-même.


ALLEMAGNE

Les prisons pour chiens de Hamburg... décidemment, parquer des êtres vivants du seul fait de leur race est récurant pour le peuple allemand!

Voir la video
(tous publics)


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