Le
texte ci dessous est une adaptation du comportement du consommateur
type, à travers mes yeux. Il est tout à fait fictif,
bien que très représentatif à mon avis.
«
Il pleut aujourd’hui. C’est samedi et les mômes
sont déchaînés.
Il faut les sortir, alors on va faire les courses…
Le caddie plein,
on passe par l’animalerie de la galerie commerçante
pour faire plaisir aux petits. Il y a des petites souris, mais la
dernière fois qu’on en a pris, ils s’en sont
vite lassés les gamins, alors Souricette est morte de faim.
Mais là,
c’est pas pareil ! C’est plus gros, un chien ! Ca va
leur durer longtemps ! Et puis c’est vrai que c’est
craquant, c’est tout poilu, ça gigote.
Celui là
ne gigote pas, il doit dormir. Alors on tape fort à la vitre
pour le plaisir de le voir bouger : « Tape encore, Julien,
tu vois ? ça y est, il nous regarde… » mais quoi
? Il est malade ? Il a les yeux tous sales, il a des bobos sur la
peau. Il fait caca liquide. C’est normal nous rassure le vendeur,
c’est qu’il n’est pas encore habitué aux
croquettes... tout s’explique.
On demande la
race du chien, alors il regarde l’étiquette, le vendeur.
Il nous rassure encore, il ne sera pas trop gros ce Rott-quelquechose,
et puis c’est une race qui supporte bien de rester en appartement
toute la journée.
Ensuite on regarde
le prix. Mais c’est trop cher. Il nous sourit encore le vendeur,
il nous fera payer en trois fois, en passant par une Société
de Crédit.
Et puis sachez
que c’est un chien de race, qui vient de Belgique, les élevages
vendent moins cher qu’en France nous dit il. On fait une affaire,
c’est sûr.
Nous, on ne comprend pas ces histoires de papiers Lof ou pas, mais
il insiste sur les « garanties légales », ce
qui veut dire que nous n’avons pas à nous inquiéter.
Les gamins hurlent.
C’est vrai qu’on en a un peu marre nous aussi et qu’après
tout, entre le lave-linge et la voiture, un crédit de plus
ou de moins… En plus on fait une bonne action, il sera plus
heureux avec nous que dans cette cage.
Alors on achète
le chien. Un gros pépère qui pèse déjà
plus lourd qu’il en a l’air.
Les gamins sont contents, contents ! Ils sortent tous les jours
Puppy et jouent avec lui, mais Puppy n’a pas trop d’entrain.
Il lui faut certainement du temps pour s’habituer à
sa nouvelle famille, et il ne digère toujours pas ses nouvelles
croquettes, il y a même du sang dans ses diarrhées.
On pense à
des vers et on finit par l’amener chez le vétérinaire,
pas trop contents, on l’a payé cher ce chien, on n’avait
pas prévu d’avoir à payer encore !
Le véto nous dit qu’il est malade Puppy, qu’il
a une maladie qui arrive souvent dans les animaleries, que c’est
pour ça qu’il fait des bruits de cochon. Une toux de
chenil et puis un autre truc, dans les poumons, une dysplasie par
dessus, et que ça va nous coûter très cher,
surtout… tout le long de sa vie.
Finalement le
chiot est mort. Alors on va voir le vendeur qui nous dit qu’il
ne peut rien faire. On est en colère ! On a payé pour
ce chien ! On ne reviendra plus dans son animalerie.
C’est samedi,
il pleut. En revenant des courses, le caddie plein, on est passés
devant une animalerie d’un autre Centre Commercial.
Il y avait des chiens trop mignons, les gamins hurlaient, ils en
voulaient un.
Pourquoi pas, après tout, ça les aidera à oublier
l’autre… Et puis il sera mieux avec nous que dans sa
cage...»
Sandrine
Anzagoth
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