Quelques exemples de procès scandaleux


Taverny, Le gérant de l'animalerie placé en garde à vue

CONDAMNÉ en mai dernier par le tribunal correctionnel de Pontoise pour publicité mensongère, le patron de l'animalerie Chat Dog, à Taverny, n'en a visiblement pas terminé avec la justice. Hier matin, Mohamed M... a été interpellé dans son propre établissement, à 10 heures, par les policiers et conduit dans les locaux du commissariat pour y être placé en garde à vue sur instruction du parquet. Il s'y trouvait toujours hier soir. La gérante, Leïla B., absente au moment des faits, n'a pas pu être appréhendée. A l'origine de ce nouvel épisode, des plaintes déposées à l'encontre de l'animalerie qui n'ont jamais cessé de parvenir sur le bureau du procureur ou des enquêteurs chargés de l'affaire, malgré le jugement intervenu il y a quelques semaines, des plaintes qu'il convenait dès lors d'instruire. Pour ce faire, les policiers de Taverny ont adressé des convocations au couple gérant de l'animalerie qui n'y ont pas répondu. Pour seule réponse, les enquêteurs ont reçu un courrier dans lequel les gérants de Chat Dog (entreprise également connue sous le nom de Ma Griffe) expliquent pourquoi ils ne viendront pas. Estimant être victimes d'un acharnement judiciaire, ils ont décidé de ne plus répondre aux convocations. Cette lettre a eu pour effet de décider d'une mesure de garde à vue afin d'entendre les mis en cause, qu'ils puissent donner leur version des faits et être confrontés aux victimes.

Ainsi, au cours de la journée d'hier, Mohamed M... aurait fait l'objet d'une première audition et aurait été confronté à des victimes ayant déposé plainte. Il devait passer la nuit au commissariat de police et être de nouveau entendu, confronté à des victimes, aujourd'hui. Cette version était formellement démentie hier dans l'entourage de l'animalerie. « Il est extraordinaire que l'on mette quelqu'un en garde à vue pour des affaires aussi bénignes », soulignait un proche. « C'est de l'acharnement flagrant et répétitif. Dans cette lettre, il n'était pas question de s'opposer à être entendu par la justice. M l l e B... et M. M..., qui ont fait appel du jugement, refusent simplement de mettre les pieds au commissariat de Taverny, et souhaitent répondre aux questions des policiers dans l'animalerie. » L'entourage insiste aussi sur la convocation « très tardive » des policiers, « envoyé le 13 juin pour le 23 et reçue le 7 juillet ». Les premières plaintes contre l'animalerie de Taverny - l'une des plus importantes d'Ile-de-France, il s'y vend 2 000 chiots par an - remontent à 1999. Elles émanaient de clients ayant acheté des animaux qui mouraient ou tombaient malades rapidement. En deux ans, 130 propriétaires victimes seront comptabilisés. La gérante, Leïla B..., et le directeur commercial, Mohamed M..., ont été condamnés en mai à payer conjointement une amende de 25 000 E.

Frédéric Naizot
Le Parisien , mercredi 09 juillet 2003


Visite choquante d'une animalerie de Pontault Combault (77)

Lettre à la DSV et à la Mairie de Pontault Combault

Monsieur,

Je vous signale par cette présente l’ état de tenue scandaleux et le manque d’hygiène inacceptable que nous avons constaté, Melle X, membre de l’association AICE, Mr X et moi même, XX, ce samedi 12 octobre 2002 à l’animalerie Lxx Dxx, située xxxxxx dans la Zone Industrielle de Pxx Cxx (77), et ce suite à de nombreuses plaintes de clients floués, propriétaires de chiens malades et/ou décédés, achetés à cette adresse.

Nous avons ce jour constaté l’état de santé inquiétant de nombreux chiots au ventre gonflé, visiblement très parasités et atteints de maladies de peau, de diarrhées importantes et bien visibles, et ce malgré le changement de litière qui avait été effectué peu de temps auparavant.

Nous avons également constaté qu’une vingtaine de chiots sont parqués dans des containers opaques dans un local en retrait, que ces containers ouverts sont posés à même le sol, offrant la possibilité aux visiteurs de toucher ou d’attraper les chiens au risque de les contaminer ou de contaminer leurs propres animaux à leur retour. Trois clients sont d’ailleurs entrés dans ce local en notre présence, accompagnés d’un chiot de type bull Terrier d’environ 3 mois, exposant les animaux à une contamination possible, sans provoquer la moindre réaction chez le responsable de l’animalerie ni ses employés.

Les maladies de type toux de chenil et maladie de carré sont extrêmement fréquentes dans ce type de commerce et surtout très contagieuses et dangereuses, voire fatales. Les visiteurs ne sont malheureusement pas tous au courant de ces risques.

De surcroît, aucun de ces animaux, déjà affaiblis, n’avait d’eau ou de nourriture à sa disposition, la température ambiante était égale voire inférieure à la température extérieure, les employés travaillaient d’ailleurs en doudoune et portaient des gants épais. Les chiots grelottaient de froid, et nous avons noté l’état critique d’un chiot de type Cavalier King Charles très maigre, les yeux infectés et couverts de pus, qui tremblait de manière très inquiétante. Il nous a semblé évident que ce chiot était en train de mourir.

Après discussion avec le responsable de l’animalerie, nous avons appris que les chiots étaient issus d’un soit disant « élevage familial » belge, dont les membres produiraient la totalité des races existantes (!) et qui serait « détenteur du titre de Champion de France en exposition » (fin de citation).
Il est évident qu’il y a duperie sur la marchandise et publicité mensongère, ainsi que, pour notre part, une très forte présomption de tromperie quant à l’origine de ces chiens que nous soupçonnons fortement d’être d’origine Est-européenne ayant transité par la Belgique afin d’obtenir des papiers indispensables à une importation légale.

Il est très clair que ces chiots, qu’il nous a avoué recevoir par dizaines, transportés dans des camions, deux fois par semaine, sont pour la plupart beaucoup plus jeunes qu’annoncé sur des papiers auxquels nous n’avons pas eu accès, et en piteux état de santé.

Nous souhaitons vivement, Monsieur, que vous meniez une enquête au sein de cette société importatrice de chiens afin que l’abus de confiance dont sont victimes les consommateurs cesse définitivement et sans plus de dommages.
Je me tiens à votre entière disposition pour tout renseignement complémentaire.

Avec mes remerciements anticipés, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.


Un trafic de chiens sur Internet démantelé
L'événement Guyancourt

INQUIÉTANT. A l'heure où la rage terrorise les propriétaires de chiens dans le sud-ouest de la France, les gendarmes de Versailles viennent d'arrêter un présumé trafiquant de chiots de race. « Achetés en Belgique, ces animaux provenaient d'Europe de l'Est, un pays où la rage sévit encore à l'état endémique », explique Jacqueline Lasseri Souied, vice-présidente de l'Association nationale contre le trafic des animaux de compagnie et présidente de la section Yvelines. Le trafic démantelé par les gendarmes était lucratif. Le vendeur cédait ses yorkshires et ses bouledogues entre 600 et 800 €. En juin dernier, il passe une annonce sur Internet pour vendre des bébés yorkshires prétendument âgés de 3 mois. Un couple de l'Oise se montre intéressé et prend
contact avec Sylvain. Ils viennent jusqu'à Guyancourt pour acquérir le chien de leurs rêves. Mais les rêves
ont un prix : 650 €, à régler en espèces... Agé de cinq semaines et pas sevré Sur le chemin du retour, l'animal tombe immédiatement malade. Le couple appelle le revendeur qui, comble de cruauté, joue les vétérinaires et leur conseille d'administrer un pansement gastrique. Mais le chiot décède de la maladie de Carré. Après autopsie, les acheteurs s'aperçoivent que l'animal n'est pas encore sevré. Et pour cause, il est en
réalité âgé de cinq semaines. Aidé de la section des Yvelines de l'Association nationale contre le trafic des animaux de compagnie, le couple décide de porter plainte auprès des gendarmes. L'Association, qui a également porté plainte pour tromperies, détecte immédiatement des anomalies dans les numéros de
tatouage de l'animal. Finalement, après investigations, les militaires parviennent à mettre la main sur le revendeur, technicien de profession. Ils s'aperçoivent que ce dernier profitait d'Internet, en utilisant des pseudonymes, pour vendre les animaux qu'il achetait en Belgique. Les chiots étaient « stockés »
dans un appartement prêté par l'une de ses connaissances et étaient bien traités. L'homme en aurait acquis près d'une cinquantaine à travers ses voyages. Sorti de garde à vue jeudi soir, il devrait comparaître devant le tribunal en fin d'année.
C'est ce bébé yorkshire, mort en juin dernier après quelques semaines seulement d'existence, qui est à l'origine de l'arrestation d'un trafiquant de chiens installé à Guyancourt. (DR.)

Mehdi Gherdane
Le Parisien , samedi 18 septembre 2004

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